Le colloque

Alors que se sont partout multipliés les travaux sur la traduction médiévale vers le français ou à partir du français, ceux qui engagent la francophonie au Moyen Âge sont nés à l’étranger. Sur le territoire national même la question transversale de l’écriture en français, de la lecture en français et de la constitution de collections d’œuvres françaises hors de France, dès époque ancienne, n’a pas été posée. Cette lacune est en soi problématique.

Le premier objectif de notre colloque est d’ordre pédagogique : il convient d’acclimater la question francophone pour un public qui lui est resté généralement imperméable, tout en la mettant en perspective au regard de la réception plus générale des études sur « French Global » ou la « littérature monde »[1].

C’est l’étude des traditions manuscrites qui a fourni les bases philologiques et matérielles à partir desquelles on a reconsidéré l’impact des auteurs et des genres littéraires français dans l’espace méditerranéen (Italie, Outremer, Péninsule Ibérique) mais aussi en Angleterre, dans les Flandres et au-delà. Dans ce paysage renouvelé prennent place les auteurs français ayant écrit une partie de leur œuvre en dehors de la France (pensons à Charles d’Orléans et son « livre d’Inglant ») mais aussi les auteurs d’expression française italiens, anglais ou catalans de naissance. Ceci définit les contours d’une véritable « francophonie médiévale »[2].

Le second objectif du colloque est d’ordre épistémologique : en articulant une philologie bien entendue et étendue par la prise en compte de la paléographie, de la codicologie et l’histoire de l’art aux catégories que sont l’identité, la communauté linguistique, la discursivité (construction, puissance et diffusion du discours), la recherche anglo-saxonne a proposé de considérer la « francophonie médiévale » à l’aune des dynamiques du monde globalisé contemporain. En invitant des collègues fondateurs du programme  Medieval Francophone Literary Culture Outside France, nous souhaiterions faire connaître leurs méthodes comme leurs résultats scientifiques et théoriques[3].

Enfin, le colloque a un objectif de recherche : il s’agira de proposer de nouveaux objets (textes, livres, collections), d’interroger d’autres espaces (pays germaniques et scandinaves), en écartant le vaste sujet de la traduction vers le français et à partir du français.

Comité d’organisation : Sophie Albert, Emanuele Arioli, Louis-Patrick Bergot, Dominique Boutet, Jacqueline Cerquiglini-Toulet, Clotilde Dauphant, Sarah Delale, Sylvie Lefèvre, Fabio Zinelli.

Avec l’Université Paris-Sorbonne, l’EPHE et l’EA SAPRAT   

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[1] French Global. A New Approach to Literary History, ed. Christie McDonald and Susan Rubin Suleiman, Columbia University Press, 2011 ; trad. fr. French Global. Une nouvelle perspective sur l’histoire littéraire, Garnier, 2014.

[2] Language and Culture in medieval Britain. The French of England c. 1100-c.1500, ed. Jocelyn Wogan Browne et alii, York Medieval Press, 2009. Medieval Multilingualism. The Francophone World and its Neighbours, ed. C. Kleinhenz and K. Busby, Brepols, 2011. Il franco-italiano. Definizione tipologia fenomenologia – in memoria di Cesare Segre, Medioevo Romanzo, t. 39 (2015).

[3] Medieval Francophone Literary Culture Outside France, ed. Dirk Schoenaers and Nicola Morato, Brepols, à paraître. Site : http://www.medievalfrancophone.ac.uk

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